Des nouvelles du monde
En Chine, les femmes ayant eu au moins une relation sexuelle avec une autre femme (FsF) sont autorisées à donner leur sang, dans les mêmes conditions que les hétérosexuel-le-s, depuis le 1er juillet. Le pays met ainsi fin à 14 ans d’interdiction.
Nous profitons de cette bonne nouvelle pour faire un tour du monde des dernières nouvelles concernant le don du sang, les lesbiennes, gays et bisexuel-le-s.

D’après le site du Ministère de la Santé chinoise, les hommes ayant eu au moins une relation sexuelle avec un autre homme (HsH) doivent toujours respecter une période d’abstinence pour pouvoir donner leur sang, sur le même modèle qui existe actuellement au Royaume-Uni ou en Suède. Les HsH n’ayant eu aucune activité sexuelle avec un autre homme depuis plus d’un an ont, en effet, été autorisés il y a peu (septembre 2011) à donner leur sang outre-Manche – comme c’est le cas en Suède. En Chine, on ignore cependant le délai d’abstinence que doit respecter un HsH avant de pouvoir donner.

Les Etats-Unis, via la US Food and Drug Administration, ont revu et maintenu en 2010 leur politique d'interdiction permanente comme c’est le cas en France. Tout homme qui a eu une relation sexuelle avec un autre homme après 1977 (premier diagnostic d’un cas de SIDA) est en effet exclu à vie depuis 1983. (1)

En Suisse, où la situation est comparable à la nôtre, le Centre de transfusion de la Croix-Rouge fait marche arrière après avoir envisagé de lever l’interdiction pour les HsH en 2010. Ce n’est pas pour rien que le collectif Tous Receveurs, Tous Donneurs veille à ce que les promesses du gouvernement français soient tenues.
Au Canada, des étudiants refusent la venue de l’établissement national du don du sang et de ses collectes dans leur université. Le motif ? Lutter contre la discrimination de l’interdiction du don du sang pour les HsH. D’après l’article original de CBC News, la situation tend à évoluer vers une interdiction temporaire de 5 à 10 ans après le dernier rapport sexuel avec un autre homme (2). Dix ans, ce serait aussi la durée d’abstinence à respecter avec un autre homme pour donner son sang en Israël. La récente levée de l’interdiction permanente au Royaume-Uni semble faire boule de neige partout dans le monde.
La vigilance est de mise au Portugal, cinq ans après l’ouverture du don du sang pour les HsH, dans les mêmes conditions que pour les hétérosexuels. Certains se voient encore refuser l’accès au don sous prétexte qu’ils ont ou ont eu des rapports homosexuels. (3)

Source : le journal de Canton Xinkuai Bao (http://www.ycwb.com/)
Pour en revenir à la Chine, c’est l’association systématique de la communauté lesbienne, gay et bisexuelle avec le VIH qui a poussé les autorités, en 1998, à interdire le don du sang aux HsH et FsF. Il faut dire, pour leur décharge, que la Chine a découvert simultanément les relations entre personnes de même sexe et le virus du SIDA, aux début des années 80’. De plus, ajoutant à la confusion, le gouvernement chinois a, des années durant, nié toute existence de la maladie sur son territoire. Cet amalgame, compréhensible aux débuts de l’épidémie par méconnaissance de la maladie, a motivé plusieurs des interdictions de don du sang encore d’actualité dans différents pays. Pourtant, nous savons aujourd’hui qu’être LGB n’est pas synonyme de porteur du VIH. Ce sont nos comportements qui doivent être pris en compte, et non plus notre simple orientation sexuelle.
Certains, en Chine, commencent déjà à pointer la discrimination et l’hypocrisie de cette nouvelle règle qui catégorise les LGB et reste toujours aussi absurde face aux HsH.
Nous saluons donc le pas en avant de la Chine envers leurs concitoyennes lesbiennes et bisexuelles, et espérons qu’il en soit bientôt de même pour leurs homologues HsH. L’évolution des réglementations au Canada et en Israël semble quant à elle en bonne voie également. Nous ne pouvons que souhaiter que la Suisse suive cette orientation. La situation de l’autre côté de l’Atlantique pour les hommes gays et bisexuels reste par ailleurs assez préoccupante.
A l’heure où le gouvernement français se prononce en faveur du don du sang pour les HsH, n’oublions pas que dans le monde, des discriminations persistent, même là où l’interdiction a été levée depuis plusieurs années.
1. Erratum : contrairement à ce que nous avions précédemment écrit, les Etats-Unis interdisent à vie le don du sang aux HsH depuis 1983, interdiction maintenue en 2010 lors de la revue de cette politique de la FDA.
2. NB : contrairement à ce qu’écrit 360°, la période d’abstinence au Royaume-Uni est bien de un an.
3. Erratum : contrairement à ce que nous avions précédemment écrit, le Portugal a ouvert le don du sang aux HsH en 2007, et non pas en 2010, date d'une résolution parlementaire contre la pratique discriminatoire dont nous parlons dans l'article.


