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Des nouvelles du monde

21 juillet 2012

En Chine, les femmes ayant eu au moins une relation sexuelle avec une autre femme (FsF) sont autorisées à donner leur sang, dans les mêmes conditions que les hétérosexuel-le-s, depuis le 1er juillet. Le pays met ainsi fin à 14 ans d’interdiction.

Nous profitons de cette bonne nouvelle pour faire un tour du monde des dernières nouvelles concernant le don du sang, les lesbiennes, gays et bisexuel-le-s.

D’après le site du Ministère de la Santé chinoise, les hommes ayant eu au moins une relation sexuelle avec un autre homme (HsH) doivent toujours respecter une période d’abstinence pour pouvoir donner leur sang, sur le même modèle qui existe actuellement au Royaume-Uni ou en Suède. Les HsH n’ayant eu aucune activité sexuelle avec un autre homme depuis plus d’un an ont, en effet, été autorisés il y a peu (septembre 2011) à donner leur sang outre-Manche – comme c’est le cas en Suède. En Chine, on ignore cependant le délai d’abstinence que doit respecter un HsH avant de pouvoir donner.

Les Etats-Unis, via la US Food and Drug Administration, ont revu et maintenu en 2010 leur politique d'interdiction permanente comme c’est le cas en France. Tout homme qui a eu une relation sexuelle avec un autre homme après 1977 (premier diagnostic d’un cas de SIDA) est en effet exclu à vie depuis 1983. (1)

En Suisse, où la situation est comparable à la nôtre, le Centre de transfusion de la Croix-Rouge fait marche arrière après avoir envisagé de lever l’interdiction pour les HsH en 2010. Ce n’est pas pour rien que le collectif Tous Receveurs, Tous Donneurs veille à ce que les promesses du gouvernement français soient tenues.

Au Canada, des étudiants refusent la venue de l’établissement national du don du sang et de ses collectes dans leur université. Le motif ? Lutter contre la discrimination de l’interdiction du don du sang pour les HsH. D’après l’article original de CBC News, la situation tend à évoluer vers une interdiction temporaire de 5 à 10 ans après le dernier rapport sexuel avec un autre homme (2). Dix ans, ce serait aussi la durée d’abstinence à respecter avec un autre homme pour donner son sang en Israël. La récente levée de l’interdiction permanente au Royaume-Uni semble faire boule de neige partout dans le monde.

La vigilance est de mise au Portugal, cinq ans après l’ouverture du don du sang pour les HsH, dans les mêmes conditions que pour les hétérosexuels. Certains se voient encore refuser l’accès au don sous prétexte qu’ils ont ou ont eu des rapports homosexuels. (3)

Source : le journal de Canton Xinkuai Bao (http://www.ycwb.com/)

Pour en revenir à la Chine, c’est l’association systématique de la communauté lesbienne, gay et bisexuelle avec le VIH qui a poussé les autorités, en 1998, à interdire le don du sang aux HsH et FsF. Il faut dire, pour leur décharge, que la Chine a découvert simultanément les relations entre personnes de même sexe et le virus du SIDA, aux début des années 80’. De plus, ajoutant à la confusion, le gouvernement chinois a, des années durant, nié toute existence de la maladie sur son territoire. Cet amalgame, compréhensible aux débuts de l’épidémie par méconnaissance de la maladie, a motivé plusieurs des interdictions de don du sang encore d’actualité dans différents pays. Pourtant, nous savons aujourd’hui qu’être LGB n’est pas synonyme de porteur du VIH. Ce sont nos comportements qui doivent être pris en compte, et non plus notre simple orientation sexuelle.

Certains, en Chine, commencent déjà à pointer la discrimination et l’hypocrisie de cette nouvelle règle qui catégorise les LGB et reste toujours aussi absurde face aux HsH.

Nous saluons donc le pas en avant de la Chine envers leurs concitoyennes lesbiennes et bisexuelles, et espérons qu’il en soit bientôt de même pour leurs homologues HsH. L’évolution des réglementations au Canada et en Israël semble quant à elle en bonne voie également. Nous ne pouvons que souhaiter que la Suisse suive cette orientation. La situation de l’autre côté de l’Atlantique pour les hommes gays et bisexuels reste par ailleurs assez préoccupante.

A l’heure où le gouvernement français se prononce en faveur du don du sang pour les HsH, n’oublions pas que dans le monde, des discriminations persistent, même là où l’interdiction a été levée depuis plusieurs années.

1. Erratum : contrairement à ce que nous avions précédemment écrit, les Etats-Unis interdisent à vie le don du sang aux HsH depuis 1983, interdiction maintenue en 2010 lors de la revue de cette politique de la FDA.
2. NB : contrairement à ce qu’écrit 360°, la période d’abstinence au Royaume-Uni est bien de un an.
3. Erratum : contrairement à ce que nous avions précédemment écrit, le Portugal a ouvert le don du sang aux HsH en 2007, et non pas en 2010, date d'une résolution parlementaire contre la pratique discriminatoire dont nous parlons dans l'article.

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« Groupe sanguin « rare », je me sens comme un devoir supplémentaire », le témoignage de Marion.

16 juillet 2012

Très tôt j’ai voulu donner mon sang. Pourtant personne ne le faisait autour de moi aussi n’ai-je pas trop d’idée sur ce qui m’y a poussée. J’aime croire que c’est mon esprit profondément altruiste, généreux, serviable et modeste.

Toujours est-il que j’ai attendu avec impatience ma majorité pour enfin pouvoir m’y rendre pour la première fois, en 2008 donc.
L’expérience, si mes souvenirs sont bons, ne fut ni particulièrement agréable (attente interminable et seringue dans le bras) ni désagréable (j’avais le temps et la motivation). J’ai tiqué cependant en lisant les clauses restrictives. Relation entre hommes ? Quoi, l’homosexualité se transmet par le sang maintenant ? Ils vont m’interroger sur mes pratiques jusqu’à quel point ?! En ayant une sainte horreur de parler de moi à des inconnus, la perspective de « devoir » raconter ma vie intime à un médecin entre deux rideaux au bout de deux minutes me hérissait (me hérisse toujours un peu d’ailleurs).
Etant une fille j’ai été épargnée de la question, et de l’exclusion fatidique. Je ne sais pas comment je l’aurais vécu. Très certainement avec une frustration, une vexation et une rage intenses.

Je donne dès que je peux, et je me suis rendue aujourd’hui à mon premier don de plasma ; groupe sanguin « rare » je me sens comme un devoir supplémentaire tant que j’en ai la possibilité. C’est plutôt rigolo, quoiqu’un peu long, la bonne place pour finir une grille de sudoku particulièrement ardue.
Je ne peux m’empêcher de penser à mes amis homos qui ne peuvent pas en faire autant. Pas plus tard qu’hier j’en parlais avec l’un d’eux … qui n’était même pas au courant de l’interdiction qui le touche alors qu’il émettait le souhait de se rendre à une collecte.

Je donne mon sang depuis quatre ans, j’ai donc du faire une dizaine de dons. Selon l’EFS il faut cinq dons pour sauver une vie. Peut-on considérer que j’ai sauvé deux personnes, ou bien dix ? Ou bien des dizaines, si on considère les proches de chacune des personnes qui ont eu besoin un jour dans leur vie d’une transfusion ? J’espère vraiment que très prochainement, l’Etat cessera de priver toutes ces personnes d’un « gay-sang » tout aussi salvateur que les autres.

P.S : Pour ceux qui le veulent et le peuvent, n’oubliez pas de vous inscrire sur les registres de don de moelle osseuse, ça ne coûte qu’une prise de sang !

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Communiqué de presse : les 25000 Donneurs reçus à l’Élysée

8 juillet 2012

 

Au terme d’une marche de près de 700 km de Toulouse à Paris, un représentant du collectif des 25 000 donneurs a été reçu à l’Élysée le 4 juillet 2012, avec le coordinateur du collectif, par le Pr Olivier Lyon-Caen, conseiller santé du chef de l’État.

L’entrevue a porté sur la réintégration des donneurs de sang masculins actuellement exclus en raison de leurs relations homosexuelles.

Un exécutif favorable, un conseiller réceptif

Nous avons tenu à faire remarquer que les 25000 Donneurs étaient la première association reçue officiellement par l’Élysée depuis le changement d’exécutif, selon les forces de l’ordre chargées de notre accueil à l'entrée du palais présidentiel.

Ce geste, hautement symbolique, nous honore et appelle notre reconnaissance.

Après les déclarations de la ministre des affaires sociales et de la santé, Marisol Touraine, en date du 14 juin, journée mondiale des donneurs de sang, le Président de la République, François Hollande, nous conforte dans notre optimisme quant à l'issue de notre combat.

Le Professeur Lyon-Caen nous a reçus chaleureusement et s'est montré particulièrement à notre écoute.

 Propositions et avancées

 Les deux parties se sont accordées pour souligner les énormes progrès réalisés tant en matière de dépistage que d’inactivation du virus HIV depuis les années 80 ; de même que l’existence de peurs par essence irrationnelles suite à l’affaire du sang contaminé.

Le Pr. Lyon-Caen a apprécié notre proposition d’instauration d’États Généraux de l’autosuffisance et de la sécurité transfusionnelle. Elle sera donc transmise dans les plus brefs délais au Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, à qui il incombe de traiter techniquement et humainement ce dossier.

Nous sommes également en phase avec le conseiller quant au calendrier de la réintégration, qui doit s’effectuer de façon concertée et dans le consensus, la vitesse n’étant pas la précipitation.

Perspectives

Dans l’immédiat nous avons obtenu l’assurance que l’EFS et l’InVS nous recevraient avant la fin de cette année pour continuer le dialogue déjà amorcé et préparer ainsi dans de bonnes conditions les États Généraux avec tous les acteurs impliqués dans la transfusion sanguine.

Le collectif des 25 000 donneurs sollicitera dès la fin août le Ministère et les Présidents des groupes parlementaires des deux assemblées, entre autres, pour amorcer le travail d’information et de pédagogie concernant le sujet.

Et nous continuerons durant cet été les pourparlers avec toutes les associations souhaitant nous rejoindre.

Parce que des vies humaines sont en jeu.

Parce que nous sommes des donneurs.

Parce que rien ne nous arrêtera.

Nous donnerons.

Les 25 000 Donneurs

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